le matériel
Lors de ces aventures photographiques, j’utilise un appareil photo moyen format manuel au format 6×6. Principalement accompagné de 2 objectifs dont un grand angle et un 100 mm.
Pour les photos plus instantanées, de rue par exemple, j’utilise un Leica M6.
Ces appareils m’ont apporté toute satisfaction depuis 25 ans, il est vrai qu’ils ont été ‘bichonnés’ avec soin. Ils offrent une qualité d’image exceptionnelle, sont souvent perçus comme les rolls de l’argentique. Ils peuvent attirer le regard des photographes expérimentés mais là n’est pas le sujet.
Quant aux films utilisés, ils sont variés, en général à fort contraste et grains fins : PAN F, ILFORD FP4+, Ortho 80 pas vraiment pour sa facilité d’utilisation lors du développement en chambre noire mais plus pour son rendu paysage, la Rollei RPX25 bien que déçu récemment par les trainées ( se référer au blog ).
Après la prise de vue où la recherche n’est pas sur le nombre de photos mais la qualité de l’image, le plaisir est en chambre noire. Les techniques d’amélioration après la reprise de vue en accentuant ou masquant certaines zones manuellement, en reprenant si besoin au ferricyanure de potassium certaines zones des images ( voir le lien dans le blog ).
Enfin je viens de me doter d’une chambre photographique grand format réalisée par Alix, un artisan du bois ( Woodyman ) passionné par la photo et la technique argentique. Il a designé et conçu le projet de chambres dont la Woodyman Camera en 8×10. Ceci permet avec un investissement limité pour ce type de matériel de rendre accessible le format 20×25 avec des mouvements de bascule et décentrement remarquables, avec un poids limité facilitant le transport ( hors les 2 objectifs grand angle et standard en cours d’acquisition) .
Je recommande à tous les amateurs une rencontre avec Alix, une très bonne personne, sympathique, toujours prêt à conseiller et écouter…ce qui n’est pas toujours le cas dans le monde des blogs des experts de Chambre Argentique.
Avec ce nouvel objet, je vais compléter la passion N&B notamment par les techniques et procédés alternatifs Grand Format.
L'Hasselblad 6x6 503CX
Qui sait que parmi les moyens sophistiqués pour capter les images et vidéo de la fameuse mission lunaire d Apollo 11 de Juillet 1969, tout au sommet de la gigantesque Saturn V, se trouvait un appareil Hasselblad. À 380.000 kilomètres de là, la Lune accueillait l’Hasselblad.
Sans vouloir imiter les professionnels, j’ai eu l’opportunité de pouvoir acquérir un de ces appareils mythiques dans les années 90 après des sacrifices financiers non sans conséquence pour un jeune ingénieur. Loin de moi l’idée de « se la pèter avec mon blad », ce fut le premier pas d’entrée dans l’univers du grand format. Celui du temps pour poser, du temps pour cadrer et pour développer ses tirages.
Alors jugé comme le standard: le 500 CM avec son objectif Planar 80 mm et son viseur poitrine, mon choix lui s’est porté vers un 503 CX et 2 objectifs comme compromis :
- Le Carl Zeiss Planar 100 mm T* ouvrant à f3.5 et avec une plage de vitesse d’obturation objectif de 1/500ème.
- Le Carl Zeiss Distagon 60 mmT* f3.5 à 1/500ème, là où commence la focale grand angle du 6×6 sans un effet prononcé ( un équivalent 30 mm dans le format 24×36 mm)
Pourquoi le format carré : certes moins coutumier, un matériel plus lourd et bruyant lors de la prise de vue mais quel beau bruit !, un objet moins facilement manipulable au jour des appareils numériques et smartphone !
Ce format met en valeur la structuration de l’image, il permet l’expérimentation, le recadrage souple est facilité. La composition de l’image carrée 1 : 1 me semble alors plus stable et statique.
Après, rien à redire sur la qualité de fabrication de ces appareils mécaniques, ni sur sur les optiques à piqué exceptionnel, et bien entendu la beauté du système Hasselblad.
Posséder cet appareil devient vite addictif tant par son utilisation que par la lenteur de la prise après utilisation d’une cellule photographique.
Leica M6
Un appareil de légende à visée télémétrique très agréable et équipé d’un objectif 50 mm. Appareil qui compte tenu de l’engouement argentique a connu une nouvelle commercialisation dans les années 2020 avec quelques évolutions récentes au niveau de la visée. Le fonctionnement de l’obturateur non métallique le rend très silencieux.
Il a été utilisé par des grands photographes tel que Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Raymond Depardon, William Klein.
J’ai eu la chance de m’offrir cet appareil très compact dans les années 1990, celui ci n’a pas bougé au fil des années. J’utilise cet appareil plutôt pour les photos instantanées de rue non posées de part sa discrétion naturelle. Le témoin d’exposition est très agréable, laisse au photographe le choix complet sur l’exposition.
Chambre Grand Format 8x10
Suite à plusieurs rencontres successives, j’ai récemment opté pour une chambre Woodyman, réalisée par Alix.
Un objectif « grand angle » G Claron 210 mm et un plus standard à venir.
G CLARON 210 mm sur COPAL 1
Objectif remarquable sur les conseils de François.
Equivalent ( full frame ) : 28 mm
Cercle d’image : 260 m
Poids < 300 g
Réalisation du chassis Presse au Format 8x10
Le tirage contact est réalisé à partir d’un chassis presse qui a été fabriqué, cette fabrication n’est pas si difficile. La pression est faite à l’aide d’un dispositif spécifique en mousse pour une bonne répartition contre le papier et par des clips de pression sur la face en structure bois léger.
L’impression par la lumière du plan film est réalisée sur papier photosensible en direct contact des émulsions dans le laboratoire personnel inactinique. Le point d’attention réside dans la précaution à lutter contre la poussière aussi minime soit elle et c’est le principal souci auquel je fais face. Pour cela: pas de remède miracle mais une grande rigueur.
La durée de l’insolation dépend du procédé d’éclairage. Pour ma part, j’utilise l’agrandisseur qui permet la répétitivité simple de la méthode.
Enfin, la chimie est classique dans les différents bains : révélateur, arrêt, fixateur, lavage. Voir le premier essai présenté dans le blog sur la chambre 8×10.
Prises de vue à la chambre 8x10 et au 210 mm
Après le moyen format, il me semblait naturel d’envisager le passage au grand format. La mise en œuvre, l’appropriation de l’appareil est en tout point de vue fidèle à l’idée que je m’en faisais. S’il faut alors être jugé comme un obsolète, alors soyons le ensemble: car le plaisir de la chambre est souvent solitaire. Le temps est long, de la rigueur lors de la mise en place du plan film 20×25, la prise de vue est posée et réfléchie, le nombre d’images très limité. La chambre offre de nombreuses perspectives dans les tirages dits alternatifs : direct positif, reversal process, palladium, collodion. Mes premières expérimentations récentes se font en tirage contact au 1:1.
Je me suis donc tourné vers Alex, le concepteur de la chambre 8×10, très sympathique et offrant un support très apprécié. la chambre Woodyman est » légère », associée au pied carbone , quelques plans films pour l’instant en nombre limité, une rotule corrective et un objectif grand angle paysage, le poids reste gérable. Il faut savoir resté très humble, la pratique venant au fil de l’utilisation, on disposera donc d’ une chambre très fonctionnelle dans ses mouvements…les tests de bascule et décentrement sont en cours.
Ces premières images en argentique sont très prometteuses. Je me refuse à ce stade à utiliser tout procédé de numérisation, le véritable plaisir étant dans la maîtrise de l’image et sans artifice annexe: profondeur de champ et tenue des perspectives. Tout ceci laisse augurer une variété de plaisirs pour les prochaines sorties.
St Suliac La passagère - Cimetière des bateaux
1ère image contact à la chambre Woodyman 8x10 et G CLARON 210 mm
Focus spread between short and long range= 4 mm // Aperture # F45 // Exposure = 1 Sec
